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Souvenirs...
Dans cette section, vous trouverez des souvenirs de famille, anecdotes (soient heureuses, drôles, tristes, dramatiques ...), historiettes, poèmes, chansons, de vieilles photos, vieux documents, découpures de journeaux, objets... le tout avec la collaboration de nos membres.

Les récits commencent quelquefois par …Il était une fois…, dans mon temps, à mon époque ou quand j’étais jeune, …il y avait le laitier, le boulanger et le vendeur de glace qui passaient dans les rues avec sa voiture et son cheval, il y avait ceci, il y avait cela…! 

Et depuis il y a eu la télévision, les voyages sur la lune, l’informatique, l’internet, les réseaux sociaux, les changements de mentalité, etc.

Cela fait partie de notre vécu, si nous ne racontons pas toute cette évolution à nos descendants qui va le faire !

Alors sortons notre plume et allons-y, toutes les histoires sont intéressantes, pas la peine d’être de grands écrivains(nes) pour s’y mettre. Et ne vous inquiétez pas pour les fautes d’orthographe ou de grammaire, nous nous en occuperons !

Nous attendons vos textes, photos etc. par courrier électronique à  sgvc@sgvc.ca.
Du mercredi des cendres au jour de Pâques
Texte de Gisèle Monarque - Avril 2014
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Station d'alarme d'incendie
Collection privé - Mai 2014
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Les cordes à linge
Texte de Gisèle Monarque - Mai 2014
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Le défilé de la St-Jean
Texte de Gisèle Monarque - Juin 2014
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Du mercredi des cendres au jour de Pâques

Au moment où vous lirez ces lignes, le Mercredi des cendres sera chose du passé. Ce mercredi où débute le carême me rappelle que, lorsque j’étais enfant, c’était un temps triste et long qui allait durer 40 jours, il faut dire aussi que c’était la fin de l’hiver qui ne finissait plus…Ah ! Qu’il était loin le jour de Pâques ! Et pour y arriver, il fallait passer à travers « un régime » assez sévère.

Déjà, lors du Mercredi des cendres le célébrant, alors que nous étions agenouillés devant lui, procédait à l’imposition des cendres. Il nous faisait une petite croix sur le front avec un peu de cendre au bout des doigts et disait à chacun « Souviens-toi, ô homme, que tu es poussière, et que tu retourneras en poussière », avouez que pour un enfant de 6 à 10 ans, ce n’est pas très gai !

Quelques promesses : aller à la messe tous les matins, ne pas manger de bonbons, etc., heureusement qu’il y avait les « Hot cross buns » ! Et quoi dire des retraites où la dernière journée se soldait par une vision des feux de l’enfer, ouf !

Le Dimanche des Rameaux revêtait un événement assez particulier avec la distribution, la bénédiction et la procession des Rameaux. Sous l’habileté des religieuses ces rameaux devenaient quelquefois de véritables œuvres d’art. Rares sont les foyers où il n’y en avait pas. Pour ma mère qui avait une « peur bleue » des orages, elle les aspergeait alors d’eau bénite et faisait le tour des pièces de la maison, afin que nous soyons protégés.

Les cérémonies des trois derniers jours de la Semaine sainte représentaient et représentent toujours un temps fort de la Liturgie catholique.

Le jeudi saint et le lavement des pieds où pendant le Gloria on sonne toutes les cloches, qui en signe de deuil, ne se feront plus entendre jusqu’au Samedi saint à midi (version de ma mère : elles sont parties pour Rome et reviendront pour Pâques).

Le Vendredi saint et le Chemin de croix (autre version de ma mère : à 15h00 le ciel va s’assombrir, afin de nous rappeler la mort du Christ), alors nous les enfants regardions le ciel pour voir ce phénomène, et j’avoue que dans mes souvenirs…le ciel s’assombrissait !

A l’occasion des cérémonies de ces deux jours, l’église ne manquait pas de décorum; les banderoles, les toiles aux fenêtres, ainsi que les tissus qui recouvraient les statues avec les couleurs de circonstances nous imprégnaient de l’atmosphère de ces jours saints. La visite de sept églises et l’adoration du Saint-Sacrement; l’eau de Pâques, vous vous souvenez !

D’autres souvenirs plus terre à terre

Malgré leurs revenus modestes, la population était fière ! Qui ne portait pas quelque chose de neuf à Pâques. Sans chapeau de paille et des souliers neufs « en cuir patent » Pâques n’était pas Pâques. La grand-messe n’était pas une parade de mode, mais proche !

Les chevaux aussi étaient fiers. À cette occasion ils revêtaient leurs plus beaux atours. Pour la livraison de leurs produits à chaque maison; le boulanger et le laitier les garnissaient de fleurs de « papier crêpé ! » de toutes les couleurs, sans compter les jambons qui n’étaient pas en reste, dans l’étal du boucher; eux aussi ils avaient leurs fleurs en papier crêpé.

Mais le « clou » de la journée pour moi, était le petit panier garni de petits œufs en chocolat et des tous petits poussins jaunes en peluche, sur fond d’imitation de paille, que ma marraine m’apportait. Le tout se terminait par un souper
chez les grands-parents maternels et mon père avait l’insigne honneur plus tôt dans la journée, d’aller choisir
 la poule dans le poulailler qu’il devait; égorger, saigner, plumer, etc. Il va s’en dire qu’il était incapable de
souper avec nous ! En 1945, ce poulailler se trouvait toujours sur la 27ième avenue, près de la rue
St-Zotique, à Rosemont.

Beaucoup d’autres souvenirs pourraient être énumérés pour cette période qui annonce le printemps, qui enfant n’était pas pressé de casser la glace sur les trottoirs, de sortir les billes pour jouer sur les murs de l’école, etc. Je m’arrête, il faut en garder pour la prochaine fois.

Les cordes à linge

Dans mes jeunes années, le lundi était jour de lessive et dans les cours arrières des maisons, c’était alors la « fête » des cordes à linge, qui étaient garnies de tout l’assortiment de linge qui se trouvaient dans les maisons, que ce soit : les draps blancs bien sûrs, les taies d’oreillers, les nappes, débarbouillettes tout y passait, également les robes de maison, les chemises de papa, les sous-vêtements, les bas de toute la famille et pour finir les guenilles que nos mères prenaient pour faire le ménage, les tapis, etc. Avez-vous souvenirs de l’odeur incomparable de tout ce linge lorsqu’on le rentrait dans la maison !

Le printemps, l’été et l’automne étaient les saisons les plus favorables pour étendre son linge sur sa corde à linge, mais les plus résistantes étendaient leur linge dehors même l’hiver : à l’exemple d’une tante, qui toute jeune mariée, alors que nous étions déjà une famille de quatre jeunes enfants, est venue habiter avec nous quelques temps en 1945, dans l’attente d’un loyer. Elle rentrait dans la maison « combinaison Penman’s 91 » de son mari et ses bas de laine séchés sur une forme en métal. Tout ce linge gelé se tenait tout seul et le seul endroit pour terminer le séchage était les crochets au-dessus des portes, ce qui désespérait ma mère craignant que ces jeunes enfants « tombent » malades.

Art d’étendre son linge

Jeunes mariés nous habitions à Verdun, au 2ième étage d’un triplex, tout comme nos voisins, puisque c’était une rue....de triplex ! Vous pouvez imaginer que dans notre triplex, il y avait déjà 3 cordes à linge, la voisine d’en haut et la voisine d’en bas, et les 3 cordes à linge de chacune des voisines de chaque côté; ce qui fait 9 cordes à linges et Bla...Bla…Bla, toutes les histoires du quartier y passaient !

J’avais alors la phobie de bien étendre mon linge et de quelle façon il fallait le faire, vu la grande expérience de mes consœurs, d’en haut, d’en bas et de chaque côté, qui « zieutaient » ma corde à linge. Dans ce temps-là, il y avait une sorte de compétition entre voisines; on n’étendait pas son linge n’importe comment ! Les bas étendus en suivant la longueur et les grands morceaux au début de la cordée. On portait des jugements; le linge classé par couleur et grandeur indiquait disait-on, une personne ordonnée.

Quelques souvenirs

Avant les sécheuses, l’hiver il fallait bien le faire sécher quelque part ce linge frais lavé; chez mes parents mon père avait installé quatre petites poulies avec corde aux quatre coins de la cuisine, il en déroulait la corde qui se croisait au-dessus de nos têtes, sans oublier toute la longueur du passage. Alors s’y trouvait tout ce qui séchait habituellement à l’extérieur, sans oublier les couches en « flanellette » du p’tit dernier. Eh oui, c’était avant les couches en papier, et ce linge il fallait le changer de côté, la chaleur ne venant que d’un endroit, le poêle à bois.

Et la porte du fourneau du poêle à bois, il fallait bien qu’elle serve à quelque chose; elle était entre ouverte pour servir de séchoir à nos tuques, mitaines et bas lorsque nous revenions de jouer dans la neige.

L’ancêtre du nettoyage à sec

Pas question en ces temps lointains d’envoyer chez le nettoyeur, les culottes « British » des trois ou quatre garçons de la maison, qui avaient été taillées et cousues à partir du vieux paletot du « mon oncle » (faire du neuf avec du vieux comme on disait). Ma belle-mère me racontait qu’elle nettoyait ces pantalons et autres vêtements avec du thé ou du vinaigre et qu’elle les mettait sur la corde à linge par temps froid et l’hiver, afin de les rafraîchir.

Le chapelet

Selon la tradition, la future mariée devait accrocher son chapelet sur la corde à linge la veille de ses noces pour avoir du beau temps; malheur à celle qui ne s’y confirmait pas.


La nuit sur la corde à linge

Levez la main celle...ou celui parmi vous qui n’avez jamais passé une « nuit sur la corde à linge ».

Conclusion

Enfin, en ces temps de lutte contre les changements climatiques, peut-être assisterons-nous à un retour en force des cordes à linge et que nos sécheuses se retrouveront à leur tour du côté des souvenirs.




Le défilé de la St-Jean

Nous sommes en juin 1947, en période d’examen de fin d’année; nous avons 9 à 12 ans, ce sera bientôt la fin de l’année scolaire et nous profitons des derniers jours de classe pour pratiquer entre filles nos jeux préférés dans la cours d’école lors de la récréation et de l’heure du midi: le ballon-chasseur, le drapeau, la corde à danser, etc., nous pouvons également observer nos frères et leurs amis, …au travers la clôture de leur école qui jouxte la nôtre !

Mais nous avons déjà en tête les "sorties de vacances" promises par nos parents et un petit refrain nous trottent dans la tête : "Vive les vacances, au diable les pénitences, on va mettre l’école en…censure…!"

Sorties "classiques" prévues à cette époque, pour une famille montréalaise, dont le nombre d’enfants s’élèvent facilement à quatre ou cinq: le parc Lafontaine, le parc Belmont, la Chapelle de la Réparation, le Jardin botanique, quelques pique-niques ici et là et le Défilé de la Saint-Jean-Baptiste qui marque le début de l’été.

 Nous voilà donc vêtus de nos plus beaux atours et en route pour prendre autobus et tramway en direction de la rue Sherbrooke, afin de se réserver la plus "belle chaîne de trottoir" qui soit pour s’asseoir. Jai souvenir de cette rue et de l’effervescence qui y règne; la foule est joyeuse, je trouve les maisons belles et les drapeaux et bannières qui garnissent les balcons, ajoutent à l’esprit de la fête.

 À cette époque le défilé de la Saint-Jean-Baptiste a un caractère patriotique; il rend hommage aux Canadiens-français qui ont su protéger leur langue, leur foi et leurs traditions.  Notre chœur d’enfant bat la chamade à la vue, à quelques mètres, de l’une de ces fanfares qui viennent de tous les coins de la Province et qui nous font entendre nos chants traditionnels : "À la claire fontaine", "Auprès de ma blonde" et autres; par la suite les chars allégoriques nous rappellerons le courage des premiers pionniers et les métiers qu’ils ont pratiqués: cordonniers, forgerons, menuisiers, etc., par intermède les danses folkloriques ne seront pas en reste et nous rappellerons la bonne humeur légendaire de nos ancêtres.

Il ne faut pas oublier nos dignitaires participant au défilé dans les voitures officiels; Camilien Houde, maire de Montréal, reconnut pour sa forte corpulence ne passe pas inaperçu vêtu d’un habit blanc, ganté, avec
chapeau de paille et canne à pommeau d’or.

Historique de la St-Jean

Depuis 1834 les Canadiens-français célèbrent la Saint-Jean-Baptiste à titre de fête nationale, suite à la fondation de la Société Saint-Jean-Baptiste par Joseph-Ludger Duvernay.

Mais souvenons-nous que notre fête nationale est plus ancienne que Saint-Jean-Baptiste lui-même; elle remonte à la plus haute antiquité et son évolution peut se diviser en trois phases : les coutumes païennes, le culte catholique et le sentiment national.

Culte du soleil

L’usage de se rassembler pour se réjouir date de la plus haute antiquité où l’on fixa au solstice d’été, du 21 au 24 juin qui sont les jours les plus longs de l’année, l’hommage général que l’on voulait rendre à la vénération de la lumière et au culte du soleil.

Par la suite les Perses, les Grecs, les Romains et les Gaulois honorèrent la puissance suprême sous l’image du feu qui était considéré comme source de vie; on l’adorait faute de connaître son créateur.

Le christianisme

La venue du christianisme tout en gardant les anciennes coutumes, donna un sens mystique aux célébrations en plaçant sous l’invocation de Saint Jean-Baptiste; les feux de solstice d’été.

Enfin la Saint-Jean ou plutôt son origine, est vieille comme le monde; elle est en vigueur dans ces parties de la France dont sont originaires les pionniers de la première heure et subsiste au Canada depuis le commencement de la colonie.

Lorsque des familles de cultivateurs et quelques habitants des villes partirent de la France pour venir coloniser le Canada, elles apportèrent ici l’habitude de ces célébrations. On les retrouve dans plusieurs écrits au cours des deux siècles qui se poursuivent jusqu’à 1834, moment ou Joseph-Ludger Duvernay, visionnaire, leur donne la vocation officielle d’identification à la fête des Canadiens-français, devenue depuis la fête des Québécois. Ces célébrations évoluent sans cesse et se traduisent aujourd’hui par des feux de joie, des défilés, des spectacles et des fêtes de quartier au travers toute la province de Québec.

Gisèle Monarque

Partie historique : Source Mélanges historique – Benjamin Sulte –Vol. 15 – Montréal 1929